Un été dans le Périgord

Un été dans le Périgord

Depuis notre maison logée dans les collines de l’Entre deux Mers en Gironde, nous partons chaque été quelques jours en ballade dans le Périgord voisin. Concentré d’histoire, de patrimoine, de gastronomie et de nature, le Périgord ne déçoit jamais pour qui sait le regarder avec attention. Après avoir sillonné la vallée de la Dordogne l’année dernière, c’est la grotte de Lascaux et les méandres de la vallée de la Vézère que nous avons choisi d’explorer cette année. J’ai voyagé seule sur tous les continents pendant 20 ans, ne me fiant qu’à la boussole de mes envies mais aujourd’hui, j’ai plaisir à me laisser guider vers les lieux susceptibles de plaire à mes enfants (4 et 7 ans).

 

Première étape : le parc du Bournat au Bugue. Un parc d’attraction qui nous plonge dans l’atmosphère d’un village en 1900 : manèges centenaires, salle de classe dans son jus, moulin à huile, forge, charrettes d’époque… un rétropédalage historique qui amuse les enfants et suscite les questions : « Maman, qu’est-ce qu’on faisait cuire dans les classes à l’époque ? » …. « Ce n’est pas une cuisinière, c’est un poêle ma chérie, cela servait à se chauffer ». Essayez la grande roue, le chahut-bahut et la chenille, construite en 1900, une véritable pièce de musée qui semble tourner sur elle-même comme une jeune fille sur la piste d’une guinguette. Au bout du parc, un lac sur lequel on peut naviguer et pagayer en famille au milieu des canards et des ânes. N’oubliez pas de faire le plein de succulentes confitures, cuites devant vous à la bassine en cuivre.

 

Soirée à Montignac avant une matinée consacrée à la grotte de Lascaux (sur les conseils d’André Barbé, le directeur de la grotte, nous avions réservé à 9 h, dès l’ouverture, pour éviter l’affluence). Petit rappel historique : la « chapelle Sixtine de la préhistoire » a été découverte en 1940 par une bande d’enfants en ballade avec leur chien dans les bois de Montignac. Rien que cette histoire, racontée par votre guide, fascinera les vôtres. Ouverte à la visite en 1945, la grotte fermera définitivement ses portes en 1963, les scientifiques ayant fait le constat d’une dégradation irréversible liée aux bouleversements entrainés par l’ouverture de la grotte, étanche depuis 19 000 ans. Aujourd’hui on peut visiter Lascaux 4, une reproduction au millième de millimètre, prouesse technologique logée dans un bâtiment ultra moderne situé au pied de la grotte originelle. Malgré cela la magie opère, on sort émerveillé, bouleversé par la force de ces dessins et gravures d’artistes, qui, bien avant Brunelleschi ou Masaccio, avaient posé les bases de la perspective, utilisant les reliefs de la roche pour donner du volume à leur créations. La visite est rondement menée, pas de longueurs (on regrette presque de ne pouvoir flâner dans la « grotte » mais le Covid accélère le pas du groupe), claire et précise. Une étape marquante et incontournable qui parle à tous les âges.

 

La visite achevée, allez observer les loups en famille et côtoyer les mammouths grâce à la réalité augmentée au parc du Thot voisin, flâner dans les chambres de verdure du jardin du château de Losse, avant de s’arrêter déjeuner chez Archambeau dans le charmant village de Thonac. Une jolie terrasse sous les catalpas ou l’on déguste la cuisine fine et franche de Benoit Archambeau, 5ème génération du nom à la tête de l’établissement. Les chaleurs du mois de juillet ne m’ont pas empêchées d’affronter un menu 100% terroir : tarte feuilletée au bœuf mariné et foie gras poêlé suivi d’un cassoulet périgourdin (la spécialité du papa). Le tout se révèle précis, généreux et étonnamment digeste.

 

A 5 minutes de là, étape obligatoire à saint Léon sur Vézère, exquis petit village médiéval installé sur une boucle de la Vézère. C’est aussi le point de départ de nombreux parcours en canoé. Pas encore prêts pour le canoé mais chauds pour une baignade, nous avons poussé notre route de quelques kilomètres, jusqu’au pied de la Roque saint Christophe, plus grand ensemble troglodytique d’Europe. Une baignade inoubliable sous l’immense terrasse de 400 m sise dans une faille de la roche (cf. photo). Encore plus impressionnant d’en bas même si le site vaut la visite après la baignade.

 

Avant de retourner dans notre entre deux mers, nous avons fait une dernière halte stupéfiante : le gouffre de Proumeyssac, un gouffre naturel de plus de 50 m de profondeur dont les parois sont couvertes de stalactites géantes. Absolument spectaculaire, surtout si vous avez la chance de pouvoir embraquer dans la nacelle qui descend progressivement dans le gouffre, méthode de visite utilisée depuis sa découverte il y a plus de 100 ans. Descendu de la nacelle, on chemine parmi les goures, sortes de petites piscine naturelles qui se sont formées dans la roche au fil des 50 millions d’années que le gouffre affiche au compteur. Une plongée dans notre histoire géologique qui complète parfaitement la visite de Lascaux.